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Pépin de pomme

Un spectacle pour les 2 à 4 ans 

Pépin à l’île de La Réunion, 2010

Le spectacle Pépin de pomme est librement inspiré de l’univers de Katie Couprie et Antonin Louchard tel qu’on le trouve dans les imagiers : « Au jardin » ou « A table ! » aux éditions Thierry Magnier. Mais aussi des ouvrages de Saxton Freymann et Joost Elffers : « Dog food » ou « Play with your food ». Tana Hoban, Claude Ponti, Maurice Sendak et Elzbieta sont d’autres doux géants du pays de la littérature de jeunesse qui ont compté pour nous. Fréquenter ces contrées imaginaires a certainement eu une influence déterminante sur l’univers du spectacle. Mais l’histoire n’avait pas besoin d’un texte pour commencer à exister, le contenu imaginé sortait tout juste d’un rêve qui avait la texture d’un nuage blanc ouaté… 

Souvent les albums jeunesse sont sources d’inspiration, des tremplins pour l’imaginaire.

Ils foisonnent de pistes à décoder et à déplier comme dans un livre pop-up. Nous y pêchons l’image et le rythme, le son et la musique des histoires. Trois petits tours et puis s’en vont. Laissez reposer et oubliez tout ! Place alors à nos souvenirs d’enfance, à nous… 

Car tous, nous écrivons, pas à pas, ce livre intérieur, un « livre psychique » d’après Evelio Cabrejo Parra, qui restera probablement inachevé tant la tâche est immense. Ce livre intérieur qui est fait de nos amours, de nos angoisses, de nos haines, de nos jalousies, de nos découvertes, de tout ce qui donne un sens à notre vie. C’est lui qui résonne étrangement à chaque lecture d’un livre qui semble avoir été écrit pour nous, grands ou petits. Cette identification cruciale servira de préalable à toutes les découvertes et manipulations créatives ultérieures. Nous avons remodelé le trésor de métissage, de signes sémantiques et iconiques couché sur le papier. Une véritable pépinière littéraire qui deviendra, au fil du temps et de la mise en jeu, la chair du spectacle. L’idée du pépin qui grandit était là dans toute sa simplicité, elle nous a semblé savoureuse. A croquer. 

Le jeu et l’espace 

Jouer pour des tout-petits (de dix-huit mois à quatre ans) implique une réflexion sur la signification du jeu théâtral à destination de ce public particulier.

En théorie, l’acteur recherche toujours un point d’équilibre sur scène. Un équilibre paradoxal, le point de rencontre entre le laisser-aller total et le parfait contrôle de la situation. Etre consciemment dehors et passionnément dedans. Une des richesses de ce type de travail réside dans les petits écarts que l’on fait, dans les rencontres fortuites, dans les effets non attendus. Dans la confrontation avec le public des petits, des ajustements constants sont nécessaires. Ce processus fait que la rencontre induit sans cesse une réinterprétation des scènes du spectacle. 

L’improvisation, en fonction des réactions des enfants, mais aussi pour prendre en compte les divers aléas de la représentation, est une des ressources du jeu. Cette architecture scénique sans cesse renouvelée demande une gestion faite d’intuition et de sensibilité aux rythmes du public. Sur ce terrain d’exploration, grâce à l’utilisation du langage théâtral, la piste est plus importante que le but à atteindre, une relation entre les enfants et entre les adultes et les enfants, entre les adultes eux-mêmes, peut naître et se développer. 

Le théâtre de Pépin de Pomme 

Une note de nostalgie poétique, un jeu clownesque sans excès, un rapport interactif avec le public (dialogue toujours possible de la comédienne avec les enfants), voilà le point de vue des créateurs au départ du travail sur la matière à développer. 

Ensuite, les principaux ingrédients qui allaient les mettre sur la piste du style de l’écriture de Pépin de pomme : la nécessité d’utiliser un langage épuré mais pas dénaturé, l’utilisation de signes simples et précis, la présence de comptines et ritournelles, le détournement d’objets usuels, un rythme doux et apaisant, un humour sous-jacent qui peut toucher aussi toute personne qui accompagne inévitablement les enfants. 

Avant de lancer la musique, la comédienne s’assure que le public en herbe est bien installé et rappelle les codes qui régissent la scène et la salle. Pas de coup de théâtre pour commencer, la confiance doit être installée dès les premiers instants. Les conventions, une fois expliquées, il est très rare qu’elles ne soient pas respectées par la suite. Pour certains, c’est une grande première… 

Nous prenons le point de vue qui considère l’enfant comme un petit homme en devenir, une personne au début de sa vie, à accompagner sur son trajet personnel. Comme les petits sont fascinés par ce qui est fondamental, ils sont sans cesse en train de travailler à comprendre le monde, les émotions, les « petits sens » de la vie de tous les jours. Nous tentons de faire écho à ce travail des bébés. Chaque représentation est l’occasion d’une rencontre avec les petits, le plus souvent à la crèche ou dans la classe mais aussi sur une scène culturelle à l’occasion d’une sortie en famille. 

Trajectoires… 

La musique nous ouvre les portes du jardin avec finesse. Les lumières ombrées du début du jour ajoutent au tableau une touche délicate. Le ciel est bleu et l’herbe est verte. Dans le choix du décor, la priorité a été donnée au doux et au souple. 

Qu’il y ait une touche d’humour est une donnée incontournable du metteur en scène. Il n’est plus à prouver que les bébés ont de l’humour et qu’ils aiment rire. Mais qu’est-ce qui fait vraiment rire un bébé ? Les scènes se sont enrichies de situations cocasses ou décalées qui se sont révélées efficaces en présence du public. 

Les objets du spectacle – animaux marionnettes à gaine ou à tige, pots, fleurs, nuage, panier, pomme, etc.- se sont imposés dès le début des répétitions car ils rendent concrets des concepts complexes à appréhender quand on est petit : « pousser » a certainement plusieurs sens différents, je peux pousser sur mon nez mais le pépin va aussi devoir pousser pour devenir grand. Pour satisfaire aux besoins psychomoteurs de cette tranche d’âge, une scène est dédiée à l’exploration tactile du nez, de la bouche, des oreilles et des mains levées très haut. 

Jouer avec les sons, les bruits ou cris des animaux, les couleurs et la lumière du matin, du midi et puis du soir, avec un trajet dramatique tout simple qui commence à la découverte d’un pépin jaune, l’envie de le planter, le soin apporté pour qu’il pousse, grandisse et donne naissance à un arbre puis à des fleurs et enfin des fruits. 

Fruits destinés à être réellement mangés sur place à l’issue de la représentation suivant la loi universelle qui veut que tout ce qui vient à la vie retourne ensuite vers une autre forme de vie. 

La participation du public est requise et encouragée par la comédienne par des : « toi aussi ? ». Les phrases sont dites pour se délecter des sonorités, des répétitions, des mots inventés, des bouts de phrases rimés, des onomatopées, toutes ces joies ludiques qu’offre le langage et que les enfants aiment tant. 

Si la première partie du spectacle offre des actions et des situations très visuelles, la seconde partie est composée d’un moment de conte et de mime. La jardinière, en arborant le beau chapeau à fleurs devient tout naturellement cette petite dame qui portait toujours un beau chapeau à fleurs qui va descendre au village et revenir dans sa maison avec un beau panier contenant des pommes. 

Le tout est délicatement rythmé et ponctué par les créations musicales de Bernard Massuir.

La durée du spectacle est délibérément calibrée à quelques 30 minutes. 

Les objets et accessoires ainsi que le costume de la jardinière et le décor de Pépin ont été réalisés par Elizabeth Houtart et Michel Vink, « Amalgames ». 

Pépin de pomme

Un spectacle qui a tourné d’avril 2007 (bibliothèque d’Ixelles) à octobre 2011 (Ferme de Martinrou), 230 représentations en Communauté française de Belgique et à l’île de la Réunion

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